L'Exil du peuple juif remis en cause par Shlomo Sand

Le livre « Comment le peuple juif fut inventé » passe par-dessus bord toutes nos certitudes quant à l'expulsion du peuple de Judée par les Romains en l'an 70 après Jésus-Christ. Et s'il n'y avait pas eu d'Exil ?

Avant d'ouvrir cet ouvrage, il faut savoir que son auteur n'est ni un nostalgique du IIIe Reich, ni un Palestinien qui aurait perdu toute sa famille sous les bombardements de l'armée israélienne. Shlomo Sand enseigne l'histoire contemporaine à l'université de Tel-Aviv. Et que son livre, « Comment le peuple juif fut inventé », est un succès de librairie dans l'ancien royaume de David et de Salomon.

Que dit Shlomo Sand de si révolutionnaire ? Que les Romains n'ont jamais pratiqué l'expulsion systématique d'aucun « peuple ». Pour la seule raison qu'un peuple produit des denrées agricoles sur lesquelles l'impôt était levé. Une expulsion n'était donc nullement rentable. De plus, « il n'existe aucune trace, pas le moindre indice, d'une quelconque expulsion du pays de Judée, pas même dans la riche documentation que Rome nous a léguée », souligne l'historien.

Les habitants de Judée (qui devaient être autour de 800 000 à l'époque), contrairement aux Grecs et aux Phéniciens, étaient majoritairement des paysans, pas des marins et des commerçants.

Des descendants de cavaliers khazars

Alors d'où viennent les juifs d'Afrique du Nord et d'Europe ? Shlomo Sand affirme que dans l'Antiquité, la religion juive se livrait au prosélytisme tout autour du bassin de la Méditerranée. A son apogée dans l'Empire romain, le judaïsme englobait 7 à 8 % de la population. Le qualificatif de « juif » ne s'appliquait pas seulement aux habitants de la Judée, mais « à tous les convertis ainsi qu'à leurs descendants ».

Pour l'auteur, les deux grandes réussites de ce mouvement de prosélytisme juif ont été l'Afrique du Nord, alors peuplée par les Berbères, et la fondation du royaume juif des Khazars, sur les steppes voisines de la Volga et du Nord Caucase.

Alors de quand date cette invention d'un peuple juif ? De la fin du XIXe siècle et de la tenue du premier congrès sioniste en 1897, répond Shlomo Sand. « Si les juifs de l'époque moderne n'étaient pas les descendants directs des premiers exilés, comment légitimer leur installation sur une Terre sainte censée être le “pays exclusif d'Israël“ ? », écrit ce professeur d'histoire, diplômé de l'Ecole des hautes études en sciences sociales de Paris.

En d'autres termes, on aurait inventé une fiction, celle du « peuple juif », plutôt que de reconnaître que les Israéliens sont des descendants de guerriers berbères et de cavaliers khazars... Car si les habitants de la Judée sont restés après la destruction du Temple de Jérusalem, on peut légitimement en déduire que les Palestiniens sont les descendants des juifs anciens, convertis à l'islam au VIIe siècle après la conquête arabe !

D'ailleurs, David Ben Gourion, l'un des fondateurs de l'Etat d'Israël, écrivait jusqu'au début des années 20 que les fellahs palestiniens étaient une « partie intégrante de la race juive, facilement incorporable à l'édifice sioniste ». Des propos vite oubliés après la première révolte arabe en 1929 contre les premiers colons juifs...

# Posté le vendredi 27 février 2009 14:43

Une dictature parfaite

Depuis la fin de la révolution française les luttes directes et violentes, jusque-là reconnues comme des moyens d'expression politique ont été progressivement disqualifiées par l'État. La seule violence collective autorisée a ainsi pris le nom de police, la seule façon «normale» de faire de la politique a été de se plier aux formes policées d'une démocratie, si bien nommée représentative, parce qu'elle étouffe la réalité du conflit social dans sa théâtralisation : pseudo joutes parlementaires, manifestations pasteurisées... Ceux qui ont essayé déchapper à ce cirque, au mieux ridiculisés, au pire réprimés n'ont jamais cessé d'être stigmatisés sous des noms variés : utopistes, anarchistes, terroristes, casseurs, sauvageons et maintenant ultra-gauche...

Les inculpations de Tarnac, et les arrestations récentes de plusieurs militants accusés eux aussi de terrorisme, s'inscrivent dans ce mouvement de longue durée que chaque crise du système exacerbe. Elles mettent aussi en évidence les deux machines de guerre envoyées contre ceux qui s'efforcent de mener une existence politique, «pour de vrai». D'une part, larsenal sécuritaire initié par la gauche en 1997 et renforcé dans l'hystérie post-11 septembre permettant de transformer en acte de terrorisme, et de pénaliser avec une sévérité «exemplaire», à peu près toutes les formes de vie et de lutte échappant aux normes dominantes. D'autre part, le grignotage incessant de la liberté d'expression qui semble atteindre un nouveau sommet en transformant tout propos de critique sociale en violence, potentiellement, terroriste.

«Jamais censure n'a été plus parfaite. Jamais l'opinion de ceux à qui l'on fait croire encore, dans quelques pays, qu'ils sont restés des citoyens libres, n'a été moins autorisée à se faire connaître, chaque fois qu'il sagit d'un choix qui affectera leur vie réelle.»

Guy Debord, Commentaires sur la société du spectacle.

# Posté le lundi 15 décembre 2008 11:24

Le despotisme démocratique

Le despotisme démocratique
Quelle espèce de despotisme les nations démocratique ont à craindre ?




Lorsque je songe aux petites passions des hommes de nos jours, à la mollesse de leurs m½urs, à l'étendue de leurs lumières, à la pureté de leur religion, à la douceur de leur morale, à leurs habitudes laborieuses et rangées, à la retenue qu'ils conservent presque tous dans le vice comme dans la vertu, je ne crains pas qu'ils rencontrent dans leurs chefs des tyrans, mais plutôt des tuteurs. Je pense donc que l'espèce d'oppression dont les peuples démocratiques sont menacés ne ressemblera à rien de ce qui l'a précédée dans le monde; nos contemporains ne sauraient en trouver l'image dans leurs souvenirs. Je cherche en vain moi-même une expression qui reproduise exactement l'idée que je m'en forme et la renferme; les anciens mots de despotisme et de tyrannie ne conviennent point. La chose est nouvelle, il faut donc tacher de la définir, puisque je ne peux la nommer.

Je veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde: je vois une foule innombrable d'hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur âme. Chacun d'eux, retiré à l'écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres: ses enfants et ses amis particuliers forment pour lui toute l'espèce humaine; quant au demeurant de ses concitoyens, il est à côté d'eux, mais il ne les voit pas; il les touche et ne les sent point; il n'existe qu'en lui-même et pour lui seul, et s'il lui reste encore une famille, on peut dire du moins qu'il n'a plus de patrie.


Au-dessus de ceux-la s'élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d'assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. Il est absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux.

Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l'âge viril; mais il ne cherche, au contraire, qu'à les fixer irrévocablement dans l'enfance; il aime que les citoyens se réjouissent, pourvu qu'ils ne songent qu'à se réjouir. Il travaille volontiers à leur bonheur; mais il veut en être l'unique agent et le seul arbitre; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages; que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre?

C'est ainsi que tous les jours il rend moins utile et plus rare l'emploi du libre arbitre; qu'il renferme l'action de la volonté dans un plus petit espace, et dérobe peu a peu chaque citoyen jusqu'à l'usage de lui-même. L'égalité a préparé les hommes à toutes ces choses: elle les a disposés à les souffrir et souvent même à les regarder comme un bienfait.

Après avoir pris ainsi tour à tour dans ses puissantes mains chaque individu, et l'avoir pétri à sa guise, le souverain étend ses bras sur la société tout entière; il en couvre la surface d'un réseau de petites règles compliquées, minutieuses et uniformes, à travers lesquelles les esprits les plus originaux et les âmes les plus vigoureuses ne sauraient se faire jour pour dépasser la foule; il ne brise pas les volontés, mais il les amollit, les plie et les dirige; il force rarement d'agir, mais il s'oppose sans cesse à ce qu'on agisse; il ne détruit point, il empêche de naître; il ne tyrannise point, il gêne, il comprime, il énerve, il éteint, il hébète, et il réduit enfin chaque nation a n'être plus qu'un troupeau d'animaux timides et industrieux, dont le gouvernement est le berger.
J'ai toujours cru que cette sorte de servitude, réglée, douce et paisible, dont je viens de faire le tableau, pourrait se combiner mieux qu'on ne l'imagine avec quelques unes des formes extérieures de la liberté, et qu'il ne lui serait pas impossible de s'établir a l'ombre même de la souveraineté du peuple.

Nos contemporains sont incessamment travaillés par deux passions ennemies: ils sentent le besoin d'être conduits et l'envie de rester libres. Ne pouvant détruire ni l'un ni l'autre de ces instincts contraires, ils s'efforcent de les satisfaire à la fois tous les deux. Ils imaginent un pouvoir unique, tutélaire, tout-puissant, mais élu par les citoyens. Ils combinent la centralisation et la souveraineté du peuple. Cela leur donne quelque relâche. Ils se consolent d'être en tutelle, en songeant qu'ils ont eux mêmes choisi leurs tuteurs. Chaque individu souffre qu'on l'attache, parce qu'il voit que ce n'est pas un homme ni une classe, mais le peuple lui-même, qui tient le bout de la chaîne.

Dans ce système, les citoyens sortent un moment de la dépendance pour indiquer leur maître, et y rentrent.

II y a, de nos jours, beaucoup de gens qui s'accommodent très aisément de cette espèce de compromis entre le despotisme administratif et la souveraineté du peuple, et qui pensent avoir assez garanti la liberté des individus, quand c'est au pouvoir national qu'ils la livrent. Cela ne me suffit point. La nature du maître m'importe bien moins que l'obéissance.
Je ne nierai pas cependant qu'une constitution semblable ne soit infiniment préférable à celle qui, après avoir concentre tous les pouvoirs, les déposerait dans les mains d'un homme ou d'un corps irresponsable. De toutes les différentes formes que le despotisme démocratique pourrait prendre, celle-ci serait assurément la pire.

Lorsque le souverain est électif ou surveillé de près par une législature réellement élective et indépendante, l'oppression qu'il fait subir aux individus est quelquefois plus grande; mais elle est toujours moins dégradante parce que chaque citoyen, alors qu'on le gêne et qu'on le réduit à l'impuissance, peut encore se figurer qu'en obéissant il ne se soumet qu'à lui-même, et que c'est à l'une de ses volontés qu'il sacrifie toutes les autres.
Je comprends également que, quand le souverain représente la nation et dépend d'elle, les forces et les droits qu'on enlève à chaque citoyen ne servent pas seulement au chef de l'Etat, mais profitent à l'Etat lui même, et que les particuliers retirent quelque fruit du sacrifice qu'ils ont fait au public de leur indépendance.

Créer une représentation nationale dans un pays très centralisé, c'est donc diminuer le mal que l'extrême centralisation peut produire, mais ce n'est pas le détruire.

Je vois bien que, de cette manière, on conserve l'intervention individuelle dans les plus importantes affaires; mais on ne la supprime pas moins dans les petites et les particulières. L'on oublie que c'est surtout dans le détail qu'il est dangereux d'asservir les hommes. Je serais, pour ma part, porté à croire la liberté moins nécessaire dans les grandes choses que dans les moindres, si je pensais qu'on put jamais être assuré de l'une sans posséder l'autre.

La sujétion dans les petites affaires se manifeste tous les jours et se fait sentir indistinctement à tous les citoyens. Elle ne les désespère point; mais elle les contrarie sans cesse et elle les porte à renoncer à l'usage de leur volonté. Elle éteint peu à peu leur esprit et énerve leur âme, tandis que l'obéissance, qui n'est due que dans un petit nombre de circonstances très graves, mais très rares, ne montre la servitude que de loin en loin et ne la fait peser que sur certains hommes. En vain chargerez-vous ces mêmes citoyens, que vous avez rendus si dépendants du pouvoir central, de choisir de temps à autre les représentants de ce pouvoir; cet usage si important, mais si court et si rare, de leur libre arbitre, n'empêchera pas qu'ils ne perdent peu à peu la faculté de penser, de sentir et d'agir par eux-mêmes, et qu'ils ne tombent ainsi graduellement au-dessous du niveau de l'humanité.

J'ajoute qu'ils deviendront bientôt incapables d'exercer le grand et unique privilège qui leur reste. Les peuples démocratiques qui ont introduit la liberté dans la sphère politique, en même temps qu'ils accroissaient le despotisme dans la sphère administrative, ont été conduits à des singularités bien étranges. Faut-il mener les petites affaires où le simple bon sens peut suffire, ils estiment que les citoyens en sont incapables; s'agit-il du gouvernement de tout l'Etat, ils confient à ces citoyens d'immenses prérogatives; ils en font alternativement les jouets du souverain et ses maîtres, plus que des rois et moins que des hommes. Après avoir épuisé tous les différents systèmes d'élection, sans en trouver un qui leur convienne, ils s'étonnent et cherchent encore; comme si le mal qu'ils remarquent ne tenait pas a la constitution du pays bien plus qu'a celle du corps électoral.

Il est, en effet, difficile de concevoir comment des hommes qui ont entièrement renoncé à l'habitude de se diriger eux-mêmes pourraient réussir à bien choisir ceux qui doivent les conduire; et l'on ne fera point croire qu'un gouvernement libéral, énergique et sage, puisse jamais sortir des suffrages d'un peuple de serviteurs.

Une constitution qui serait républicaine par la tête, et ultra-monarchique dans toutes les autres parties, m'a toujours semblé un monstre éphémère. Les vices des gouvernants et l'imbécillité des gouvernés ne tarderaient pas à en amener la ruine; et le peuple, fatigué de ses représentants et de lui-même, créerait des institutions plus libres, ou retournerait bientôt s'étendre aux pieds d'un seul maître.

# Posté le lundi 03 novembre 2008 13:45

Les multinationales a la conquête de la RDC

Depuis 1990 le centre de l'Afrique est confronté à des violences ethniques sanguinaires et meurtrières où plus de 4 millions de personnes ont perdu la vie....

Par Eline Briant

Mais derrière ce drame que vit l'Afrique Centrale depuis 1990, immédiatement après la fin de la guerre froide, il y a un enjeu capitale pour les transnationales minières.


Aujourd'hui, ce n'est plus un secret, tous ont conscience que la guerre au Congo est motivée par le désir d'extraire les matières premières, y compris les diamants, l'or, le colombo tantale (coltan), le niobium, le cobalt, le cuivre, l'uranium et le pétrole. Au Congo, l'exploitation minière par les multinationales occidentales se fait à un taux sans précédent et il est estimé que quelques 6 millions de dollars, uniquement en cobalt brut — un élément des superalliages essentiels aux industries nucléaire, chimique, aérospatiale et de défense — sortent chaque jour de la RDC. Toute analyse de la géopolitique au Congo nécessite une bonne compréhension du crime organisé perpétré au moyen des multinationales. Cela permet de mieux comprendre la raison pour laquelle le peuple congolais subit une guerre incessante depuis 1996.

Les ressources minières dans d'autres pays du monde sont déjà fortement entamées, si pas épuisées, et celles qui sont en exploitation présentent des coûts de revient trop élevés.

Ainsi , les grands financiers de ce monde, chasseurs de richesses minières ont les yeux braqués sur l'Afrique Centrale où les gisements découverts sont encore vierges ou mal exploités et susceptibles d'ouvrir des marchés aux grands capitaux.

L'Afrique se trouve en effet au centre de ces nouveaux enjeux planétaires. Avec près du tiers des réserves de matières premières de la planète, abandonnés par les anciennes puissances métropolitaines qui se désengagent progressivement, tant du point de vue de la coopération (laissée désormais aux ONG) que du point de vue militaire, les pays africains sont devenus la proie facile des sociétés multinationales.

L'effondrement de l'ex-URSS a laissé le champ libre et a livré toute la planète au capital international. La disparition du monde communiste a mis un terme à la bipolarité issue de la deuxième guerre mondiale favorisant ainsi rapidement la montée en puissance des sociétés multinationales dont aucune force, désormais, ne peut contrarier l'expansion et les stratégies.

Pour assurer leurs arrières, les financiers ont besoin d'une politique économique et financière taillée à leur mesure, c'est pourquoi les transnationales minières se disputent les morceaux les plus juteux dans l'une ou l'autre partie de l'Afrique Centrale, et cela au gré des tendances politiques ou des "rébellions" qui leurs sont associées et parfois même créées par elles.

Ayant d'énormes capitaux, ces grands industriels ont amorcé une lente mutation qui a atteint sa maturation au milieu des années 1990.
En effet, les sociétés multinationales ne se contentent plus aujourd'hui de dicter leurs lois aux gouvernements du monde, même aux plus puissants, ni de contrôler ces Etats.
Elles nourrissent désormais l'ambition de fonder un nouvel ordre mondial, en procédant à la création de nouvelles entités étatiques qui seraient leurs propres émanations et fonctionneraient comme un de leurs organes (souvenez-vous de la fameuse phrase de Georges BUSH au début de la guerre d'Irak: Nous allons instaurer un Nouvel Ordre Mondial).

Les moyens militaires que ces groupes détiennent et manipulent leur permettent d'imposer leur volonté à des institutions nationales ainsi qu'à des gouvernements; de prendre possession d'un Etat, de l'acheter entièrement mais également de l'anéantir, d'en démanteler les structures et d'ériger à la place une nouvelle entité étatique fonctionnant comme une simple filiale, un vulgaire établissement ou un banal comptoir.

Aujourd'hui aucune institution, aucune organisation, nationale ou internationale, aucun gouvernement, aucun pays et forcément, aucun individu, fut-il Président de la République, ne peut opposer de résistance notable à ces nouveaux maîtres du monde.
Monstres sans tête, les puissantes firmes multinationales au travers de mégafusions successives, augmentent leur taille autant que leur pouvoir et leurs capacités de nuisance face aux populations banalisées.

Ces puissances financières ont entrepris la reconquête et le remodelage des pays du monde, retraçant de nouvelles frontières comme en ex-Yougoslavie, forçant la création de nouveaux Etats comme dans les Balkans,en Asie Centrale et bientôt en Afrique Centrale.

Pour mieux contrôler leurs capitaux, elles imposent aux populations les dirigeants politiques de leur choix, qui sont souvent très mal connus du peuple, déstabilisent ainsi la région et donnent, par le biais hypocrite d'une soi-disant pacification, l'occasion aux armées de l'ONU d'entériner une scission de fait dont le peuple ne veut pas. Elles ont alors créé leur Etat dans l'Etat.

Les gouvernements des anciennes puissances coloniales occidentales ne possèdent plus les moyens de leur politique en Afrique; les multinationales propriétaires et manipulatrices d'énormes capitaux occupent désormais la place laissée vacante, et, de gré ou de force, mettent en place un nouvel ordre politique dicté par leurs seuls intérêts au détriment des populations.

La tentative d'appropriation du Congo par la guerre devrait permettre à ces multinationales minières, si la victoire choisit le camp de l'Ouganda, du Rwanda et du Burundi qui se battent pour elles, de faire main basse sur les richesses minières congolaises et d'en faire l'usage qui correspondrait le mieux à leurs intérêts.

En Afrique, les Contractants Militaires Privés (CPM) sont aussi de grosses entreprises. Brown & Root, une filiale d'Halliburton était là, "officiellement", pour enlever les mines antipersonnelles, mais, enfait, cette société hébergeait les mercenaires de Military Professional Ressources Inc. (MPRI) qui entraînaient les milices de Laurent-Désiré Kabila pour l'invasion du Congo en 1996 et la ré-invasion par l'armée du Rwanda en 1998.
Les services secrets français ont d'ailleurs rapporté que les Forces Spéciales Américaines et les mercenaires du MPRI ont participé à l'assassinat de réfugiés Hutu rwandais le long de la rivière Oso près de Goma en 1996.
Par ailleurs, les cargaisons d'armes qui arrivent par bateaux entiers de Tanzanie et le rôle du gouvernement tanzanien dans son soutien à la guerre en RDC ne sont jamais mis en doute. Cela pourrait avoir quelque chose à voir avec les licences minières de Barrick Gold dans les territoires Massaï en Tanzanie.

Jeudi 30 Octobre 2008

# Posté le jeudi 30 octobre 2008 15:33